La Nativité

Sur une proposition de Yves Trocheris, curé de Saint-Eustache, les étudiants des Beaux-Arts de Paris se sont vu proposé cette année de concevoir une œuvre en volume sur le thème de la Nativité. Dix-huit dossiers ont été envoyés et le jury (1) a eu fort à faire pour prendre une décision : les projets artistiques engageant chacun une attention particulière sur la nature, la nécessité et le sens d’une telle représentation. C’est finalement la proposition d’Enzo Certa et Cassandre Rain qui a été retenue.

Renouer avec la tradition

La Nativité est le sujet qui figure le plus souvent dans l’histoire de la peinture. Cependant, les codes de représentation de cet événement, à la fois ordinaire et si extraordinaire, ont évolué au cours des siècles, quitte parfois à provoquer des polémiques mais sans jamais épuiser le sujet. Enzo Certa et Cassandre Rain connaissent bien les œuvres qui les ont précédés et s’affronter à un sujet religieux a été pour eux un réel enjeu. Peintres et dessinateurs, ils ont choisi de renouer avec les codes classiques, d’exprimer à la fois la dimension sacrée et le caractère festif et joyeux de cette naissance, de la mettre en scène. L’exubérance des couleurs, la dynamique des traits, la présence des volumes dans l’espace, nous proposent de partager la richesse de leur perception.

Réinventer une figuration

Mais les artistes sont aussi des chercheurs. S’ils savent renouer avec la tradition, il leur est nécessaire à tout moment d’exprimer leur propre créativité. Quand Paul VI écrit que « L’Église a besoin des artistes », c’est que ceux-ci se nourrissent de la tradition tout en osant lui donner une nouvelle dynamique. Enzo Certa et Cassandre Rain s’expriment à travers des œuvres de grande dimension où s’entrechoquent culture classique et contemporaine, où l’humour répond à l’histoire, le baroque au maniérisme, où la peinture dialogue avec le dessin. Les conventions iconographiques consacrées par l’usage ont alors moins d’importance que leur choix et leur mise en espace dans leur œuvre singulière.

En incarnant ce qui s’est passé il y a plus de deux mille ans avec des moyens plastiques renouvelés, ils nous invitent ainsi à réfléchir à la place que chacun d’entre nous donne dans son quotidien à la dimension universelle de cette naissance.

L’église Saint-Eustache remercie Lorraine Gobin, Directrice du Fonds culturel Rubis Mécénat, pour son précieux soutien au travail des artistes, Jean de Loisy, Directeur des Beaux-Arts de Paris, Fabienne Grolière, responsable du Mécénat et des partenariats aux Beaux-Arts de Paris et l’ensemble des artistes qui ont bien voulu participer à l’appel à projet de cette année.

Françoise Paviot
Chargée de l’art contemporain à l’Église Saint-Eustache

(1) James Cunningham, Lorraine Gobin, Fabienne Grolière, Juliette Le Bihan, Bernard de Montferrand, Françoise Paviot et Yves Trocheris.

À vos  agendas :

  • Vernissage le 5 décembre, de 18h30 à 20h30
  • Présentation de la crèche en l’église en présence des artistes le 17 décembre à 17h
  • Exposition du 1er décembre 2019 au 2 février 2020