Synode sur la synodalité et lettre pastorale de l’Archevêque

Produite le 3 septembre dernier, la lettre pastorale de l’Archevêque intitulée : « La fraternité au service de la mission », nous rappelle que le disciple marche toujours avec d’autres disciples et que ce marcher-ensemble est constitutif de la marche elle-même. C’est un peu comme si, le chemin vers le Royaume excluait toute marche en solitaire. « Marcher-ensemble », cela s’appelle « synodalité ». Précisément, à partir du 9 octobre et pour une période de 6 mois, le saint Père lance un synode sur la synodalité. Dans ce synode, il s’agit de s’écouter et de dialoguer sur un sujet qui concerne toute l’Église, en espérant que cette expérience du synode à venir suscite un changement de comportement. Ce synode devrait nous permettre de réapprendre à parler entre nous, à mieux dialoguer afin que, comme le signifie l’Archevêque dans sa lettre pastorale, chacun des membres de l’Église « puisse se sentir à sa place en contribuant pleinement à la mission universelle dans une démarche de synodalité où clercs, consacrés et laïcs travaillent ensemble et s’enrichissent mutuellement dans un esprit fraternel ». La dynamique à emprunter peut-être résumée par l’injonction : « Mieux servir ensemble ».

La fraternité doit donc être le moteur de notre synodalité. Mais cette fraternité ne doit pas être fermée sur elle-même ; elle doit s’ouvrir sur une action missionnaire. Chacun de nous, et pas seulement les membres du clergé, est appelé à être « davantage présent sur le terrain pastoral et apostolique ». Il doit l’être en vue de proposer un accueil inconditionnel de tous ; il doit l’être en vue de manifester une solidarité croissante pour les personnes les plus fragiles de notre société ; il doit l’être enfin pour que la joie profonde de cette fraternité universelle où le « Christ sera tout en tous » puisse être révélée dans le monde. Appelés à être entre nous des frères, nous le sommes pour que tous ceux qui viennent à notre rencontre soient aussi des frères pour nous.

Saint-Eustache doit s’emparer de cette démarche synodale voulue par le Pape et reprise par l’Archevêque de Paris dans sa lettre pastorale, « La fraternité au service de la mission ». Mais nous ne partons pas de rien : Saint-Eustache est ce lieu, d’accueil, de solidarité, et de culture, où la possibilité d’exprimer « L’amour inconditionnel de Dieu pour chaque personne » est sans cesse renouvelée. Songeons à nos liturgies, à toutes nos activités culturelles et musicales, aux actions de solidarité qui sont liées à Saint-Eustache, au nombre encore de bénévoles qui à côté de l’équipe des clercs participent à la vie de toutes ces activités. Cependant, notre Archevêque nous invite pour les années qui viennent à opérer un changement de regard : la fraternité, il faut la réfléchir et la porter au centre de nos actions pastorales. Nos relations au sein de Saint-Eustache doivent être fraternelles ; nos rassemblements liturgiques doivent être fraternels ; notre accueil dans l’église doit être fraternel ; notre manière de distribuer la soupe, d’accueillir à la Pointe les plus démunis doit être fraternelle. Cette injonction extensible à toute notre réalité paroissiale implique un peu moins de verticalité et beaucoup plus de transversalité.

Oui, nous sommes tous appelés aujourd’hui à « mieux servir ensemble » et ceci en voulant en tout point la fraternité. Il s’agit bien selon ce titre de la démarche voulue par l’Archevêque, de « permettre à chacun de contribuer à la vision pastorale pour les années à venir (perspective de 2030), à se l’approprier » et de répondre ainsi à l’appel du pape François. Ainsi deviendrons-nous l’Église de ces disciples que Jésus appelle à marcher ensemble, chacun restant humble devant la part de mission qui lui est confiée.

Yves Trocheris, prêtre de l’Oratoire, curé de Saint-Eustache

 

Télécharger la lettre pastorale de Mgr Michel Aupetit « La fraternité au service de la mission » pour le diocèse de Paris.