Ce que nous percevons, non ce qui est perçu,

Voilà notre seul bien. En sa clarté, l’hiver

Astreint. Comme le sort accueillons-le.

Vienne l’hiver sur terre, et non point sur l’esprit.

Lors, amour sur amour, livre sur livre, aimons

Ce foyer bref qui est le nôtre.

Fernando Pessoa ( sous l’hétéronyme Ricardo Reis) dans « Les joueurs d’échecs »

 

De CERISE à Saint-Eustache, le trait commun est celui de l’écoute : ces deux lieux sont l’un à l’écoute du quartier et l’autre à l’écoute de la Parole ; chacun à sa façon est à l’écoute de la vie et de son langage. Or, ici et là, les oreilles prennent-elles le temps de sortir des sentiers battus des mots et du rapport qu’on a avec eux ? Pour ce faire, pour interroger notre rapport au langage – qu’il soit celui des hommes ou celui de Dieu – et pour renouveler notre écoute, l’année 2019-2020 a été placée sous le signe de la poésie qui est peut-être de tous les genres littéraires celui qui nous invite le mieux à faire l’expérience de l’intime et du lointain, à questionner les catégories qui fondent notre rapport aux autres, aux choses et leur vérité.