Le contexte :

Plusieurs fois par an, la paroisse Saint-Eustache organise un grand ménage de l’église, et fait pour cela appel à des bénévoles. Monsieur Rykner, journaliste à La Tribune de l’art, en a eu vent, et a écrit au curé de Saint-Eustache pour protester : « Ce type d’initiative peut être dangereux pour les œuvres qu’elle contient. Cela doit être pris en charge par des professionnels et il faut des autorisations. On voit en effet des personnes manifestement non qualifiées « épousseter » des œuvres. Si tout cela n’est pas encadré, les conséquences peuvent être graves, et les actions illégales. »

Le père Vivarès n’a pas manqué de lui répondre : « Cher Monsieur, nous avons parfaitement conscience de tout cela et le faisons depuis des années en connaissance de cause. Les bénévoles sont formés et savent ce qu’ils ont à faire. »

Mais Monsieur Rykner, sur X (@ltdla, plus de 89000 abonnés), a écrit « Le curé de Saint-Eustache appelle à faire le grand ménage de l’église. On voit des gens sans aucune qualification venir nettoyer les œuvres. C’est stupide, dangereux et illégal. Nous en reparlerons demain. »
Monsieur Rykner s’est en effet déplacé à l’église Saint-Eustache le jour du ménage ; il a pris des photos, puis a écrit l’article suivant dans La Tribune de l’art : https://www.latribunedelart.com/grand-nettoyage-a-saint-eustache-ou-grand-n-importe-quoi
Voici la réponse du curé de Saint-Eustache :
« M. Rykner aime la poussière ; il l’aime sous toutes ses formes et dans tous ses états : volatile, sur les murs, les meubles, au sol. Cette appétence rejoint certainement celle qui flotte dans son esprit passéiste de gardien du Temple, qui se commet d’office sur des sujets qui ne le regardent pas. Dès la semaine dernière, il m’abreuvait de mails à la suite d’une publication sur les réseaux, créée par l’intelligence artificielle, afin d’appeler des bénévoles au nettoyage de notre église, laquelle n’est pas la plus petite de notre capitale. Je lui donnais des éléments de réponse rassurants : les bénévoles ont été formés par le diocèse en lien avec la Coarc de la Ville de Paris (Conservation des œuvres d’art, religieuses et civiles), ils reçoivent chacun une feuille détaillant précisément ce qu’il faut faire et ne surtout pas faire, ils sont surveillés par le responsable, paroissien bénévole qui organise cette action chaque trimestre depuis des années. Non, nous ne passons pas d’éponge humide sur le Rubens, nous ne nettoyons pas les bronzes dorés au Mirror et ne mettons pas d’acide sur le dallage en marbre du chœur !
Las, cela ne suffisait pas, puisqu’il fallait une polémique. En effet, comment être lu sans créer une polémique ? Un article informatif, qui aurait pu être utile à toutes les paroisses de France et à tous les bénévoles de nos églises, qui, eux, prennent du temps pour entretenir, nettoyer, ouvrir nos paroisses, aurait certainement été plus intéressant et instructif qu’une diatribe sur une paroisse qui me semble plutôt être normative dans la qualité de l’entretien et le respect des œuvres d’art, nombreuses, dont nous avons la chance de disposer. Car si nous ne le faisions pas, M. Rykner, dans un an, nous produirait un article polémique sur l’état lamentable et poussiéreux des églises parisiennes, tout heureux de condamner dans un même article les propriétaires et les affectataires de nos églises. Peu importe la vérité, il faut vendre. En revanche, il m’a donné l’idée de collaborer pour un article, dans une publication plus sérieuse que la sienne, afin de justement informer pasteurs et paroissiens de l’importance de s’acquitter de la charge de l’entretien courant de l’église, comme le prévoit la loi de 1905, dans le respect des œuvres d’art qui sont nombreuses dans nos églises. 
M. Rykner n’étant ni affectataire ni propriétaire, nous en resterons là et mes échanges fréquents avec les responsables de la direction des affaires culturelles de la Ville, architectes, conservateurs, historiens de l’art et mécènes me suffisent.  Mais je me réjouis que mon apostrophe initiale s’avère si vraie : il est indécrottable.«