Dans Laudato Si’ (LS), le pape François nous appelle à l’action en faveur de la création fondée sur une conversion de cœur et un regard lucide sur la situation environnementale. Notre réconciliation avec Dieu, le prochain, et nous-mêmes est indissociable de la réconciliation avec le terre et la création. Dire « création », c’est signifier plus que « nature », parce qu’il y a un projet d’amour de Dieu »(LS §76)
Nous oublions que nous-mêmes sommes poussière, notre propre corps est constitué d’éléments de la planète » (LS §2).

Dans LS et Laudate Deum (LD), il nous exhorte à protéger la création en résolvant d’urgence la crise climatique pour stabiliser les températures. Cela suppose de construire et d’amplifier l’indispensable soutien aux mesures publiques nécessaires à l’adaptation de nos empreintes et de rester lucides sur l’ampleur du défi et de nos marges de manœuvres. Or, explique-t-il dans LD, nous les relativisons : « Nous avons beau essayer de les nier, de les cacher, de les dissimuler, de les relativiser, les signes du changement climatique sont là, toujours plus évidents. »

Comment procédons-nous pour relativiser ? A l’occasion du Carême, comment développer notre vigilance ?
Nous relativisons essentiellement depuis 2007 ; tous les pays et organisations internationales adhérent alors au contenu du 4e rapport du GIEC ; avant  et depuis 1988 environ, le climatoscepticisme première manière, apparu aux USA, avait consisté à nier ou dissimuler le consensus scientifique. Cela apparait pratiquement intenable après 2007 ; le climatoscepticisme (ou dénialisme) devient alors protéiforme et insidieux : le déni porte désormais sur la gravité du réchauffement et l’ampleur de nos marges de manœuvre. Ce sont, entre autres, les « 12 discours de l’inaction » cartographiés par un universitaire de Cambridge et qui sont des alibis pour ne pas agir aujourd’hui. Par exemple, « les Chinois doivent d’abord réduire leurs émissions » ou « attendons qu’ il y ait de nouvelles technologies »…

Parmi d’autres procédés, il y a  l’emploi de termes rassurants (« atténuation », « transition », « normales saisonnières »…) ou l’attribution à des groupes particuliers de ce que dit le consensus scientifique (« les écologistes veulent »…) : tous relativisent et relèvent d’une sorte de rêve éveillé.

Pour avancer et agir, on pourra consulter Laudate Deum § 6 à 14, des sites comme « le guide critique des arguments et intox climatosceptiques » ou « Bonpote » (tous démontent des éléments de langage dénialistes) ou participer aux ateliers du groupe Conversion écologique.

Le groupe Conversion écologique