Le temps ordinaire, parfois appelé temps de l’Église, est un temps liturgique représentant une fraction de l’année liturgique catholique. L’expression latine qui le désigne officiellement est le tempus per annum (le temps le long de l’année).

Il est étonnant que nous ne concevions ce temps que comme une forme de disqualification, en négatif, ou plutôt à partir de ce qu’il ne serait pas, la fête. Entrer et vivre en temps ordinaire dans une société dans laquelle tout est fait pour l’extraordinaire représente un vrai défi et c’est faire fi de la vertu de répétition. Le quotidien dans sa répétition porte en effet une vraie fécondité. Oui, fécondité, parce que l’inattendu de Dieu fait à tout moment irruption dans nos histoires personnelles. L’ordinaire du chrétien est fait de l’inattendu permanent de Dieu. Ce temps nous donne la possibilité de « ruminer » la Parole pour laisser s’installer, germer en nous, tous les mystères qui nous sont donnés. Le temps ordinaire est tout sauf un temps de pause, un temps mort, entre les fêtes.

 

La couleur liturgique du temps ordinaire est le vert, couleur de la croissance, même si toutes les explications savantes données depuis des siècles peinent parfois à convaincre ou à rendre compte de l’usage de cette couleur.

Michel Pastoureau, dans son livre intitulé Vert : histoire d’une couleur, souligne combien « cette couleur qui a longtemps été difficile à fabriquer, et plus encore à fixer, n’est pas seulement celle de la végétation, mais aussi et surtout celle du Destin. Chimiquement instable, le vert a symboliquement été associé à tout ce qui était instable : l’enfance, l’amour, la chance, le jeu, le hasard, l’argent. Ce n’est qu’à l’époque romantique qu’il est définitivement devenu la couleur de la nature, puis celle de la santé, de l’hygiène et enfin de l’écologie ».

 

À Vienne en Dauphiné, le Vendredi saint, les prêtres présentant la croix aux fidèles, jusqu’à la réforme liturgique du concile Vatican II, revêtaient des ornements de couleur verte. Que la croix de Jésus-Christ soit pour chacun de nous en ce temps, véritable arbre de vie.

 

Patrice Cavelier, diacre de Paris.