Méditation biblique du P. Jacques Mérienne, 8 avril

Méditation biblique du P. Jacques Mérienne, 8 avril

« Je n’ai pas caché ma face devant les outrages »
Lecture du livre du prophète Isaïe 50, 4-9a

          Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples,
pour que je puisse, d’une parole,
soutenir celui qui est épuisé.
Chaque matin, il éveille,
il éveille mon oreille
pour qu’en disciple, j’écoute.
Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille,
et moi, je ne me suis pas révolté,
je ne me suis pas dérobé.
J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient,
et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe.
Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats.
Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ;
c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages,
c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre :
je sais que je ne serai pas confondu.
Il est proche, Celui qui me justifie.
Quelqu’un veut-il plaider contre moi ?
Comparaissons ensemble !
Quelqu’un veut-il m’attaquer en justice ?
Qu’il s’avance vers moi !
Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ;
qui donc me condamnera ?

Psaume 68 (69), 8-10, 21-22, 31.33-34

R/ Dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi ;
c’est l’heure de ta grâce.
 (68, 14cb)

C’est pour toi que j’endure l’insulte,
que la honte me couvre le visage :
je suis un étranger pour mes frères,
un inconnu pour les fils de ma mère.
L’amour de ta maison m’a perdu ;
on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi.

L’insulte m’a broyé le cœur,
le mal est incurable ;
j’espérais un secours, mais en vain,
des consolateurs, je n’en ai pas trouvé.
À mon pain, ils ont mêlé du poison ;
quand j’avais soif, ils m’ont donné du vinaigre.

Mais je louerai le nom de Dieu par un cantique,
je vais le magnifier, lui rendre grâce.
Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête :
« Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »
Car le Seigneur écoute les humbles,
il n’oublie pas les siens emprisonnés.

« Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit ; mais malheureux celui par qui il est livré ! »
É
vangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 26, 14-25

En ce temps-là,
l’un des Douze, nommé Judas Iscariote,
se rendit chez les grands prêtres
et leur dit :
« Que voulez-vous me donner,
si je vous le livre ? »
Ils lui remirent trente pièces d’argent.
Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable
pour le livrer.

Le premier jour de la fête des pains sans levain,
les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus :
« Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs
pour manger la Pâque ? »
Il leur dit :
« Allez à la ville, chez untel,
et dites-lui :
“Le Maître te fait dire :
Mon temps est proche ;
c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque
avec mes disciples.” »
Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit
et ils préparèrent la Pâque.

Le soir venu,
Jésus se trouvait à table avec les Douze.
Pendant le repas, il déclara :
« Amen, je vous le dis :
l’un de vous va me livrer. »
Profondément attristés,
ils se mirent à lui demander, chacun son tour :
« Serait-ce moi, Seigneur ? »
Prenant la parole, il dit :
« Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi,
celui-là va me livrer.
Le Fils de l’homme s’en va,
comme il est écrit à son sujet ;
mais malheureux celui
par qui le Fils de l’homme est livré !
Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né,
cet homme-là ! »
Judas, celui qui le livrait,
prit la parole :
« Rabbi, serait-ce moi ? »
Jésus lui répond :
« C’est toi-même qui l’as dit ! »

Méditation biblique du P. Jacques Mérienne

« Ils lui remirent trente pièces d’argent ». Judas vend Jésus pour le prix d’un esclave, c’est-à-dire pour presque rien. Ce n’est pas Jésus lui-même qui ne vaut rien, c’est ce qu’il fait, ou plutôt ce qu’il ne fait pas. Au lieu de rameuter le peuple pour chasser les romains, il prêche le pardon et l’amour fraternel, autant dire la non-violence, autant dire l’humilité radicale, celle qui met tous les hommes et les femmes au même plan, ce qui est insupportable aux yeux des puissants, c’est comme s’il accordait à tous, à chacun la même valeur. Sauf que lui il ne compte pas, la valeur qu’il accorde à chaque homme ou chaque femme qu’il rencontre est infinie. Elle ne se compte pas en pièce d’argent, elle se mesure à l’aune de l’amour du Père pour son Fils, et du Fils pour son Père. Judas le comprendra trop tard, l’argent qu’il a gagné lui brûlera les mains, il le jettera dans le temple, car même en trahissant il se savait aimé d’un amour absolu, un amour qu’il n’a pas su assumer, car le monde autour de lui était un monde qui mesure, qui compte, qui évalue, qui compare, un monde de compétition, un monde en guerre, un monde de gagnants et de perdants, un monde où l’on me demande combien je vaux. Va pour trente pièces d’argent…

Photo de Florence Carillon.



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