Le père Gilles-Hervé Masson, après 11 années comme vicaire à Saint-Eustache, partira à la rentée à la paroisse Notre-Dame-de-Grâce de Passy.
A l’issue de la messe d’action de grâce, célébrée dimanche 21 juin, plusieurs mots d’hommage ont été prononcés.
Voici déjà celui de Benoît Dauvergne, qui fait partie de l’équipe des grands clercs :
« Cher Gilles-Hervé,
L’Église comme la vérité sont symphoniques – pour parler avec Hans Urs von Balthasar –, et parmi tous les pupitres, qualités, charismes dont se compose magnifiquement le corps ecclésial, il en est un dont votre présence à Saint Eustache était pour moi un rappel permanent.
En vous écoutant prêcher, en discutant avec vous, je me rappelais pourquoi, il y a très longtemps, un certain Basile de Césarée, un évêque, avait pu écrire un petit ouvrage sous-titré Comment tirer profit de la littérature grecque ; je me rappelais, avec vous, combien la bibliothèque est une partie capitale du monastère et du couvent, que nous avons quelques dizaines de saints et de saintes qui sont aussi appelés docteurs, et surtout que nous confessons un seul Seigneur dont l’un des noms est : Logos. Vous me rappeliez en somme que l’Église tient à notre disposition un trésor infini qui est aussi intellectuel, littéraire, et même poétique.
« Puits de science », à condition d’y placer non loin Rebecca ou la Samaritaine, est un surnom qui vous irait finalement assez bien.
Je suis un peu triste, comme paroissien de Saint Eustache, mais très heureux comme chrétien – avec beaucoup d’autres ici ! –, de savoir qu’une autre communauté parisienne profitera bientôt de votre savoir et de votre goût des mots, des langues et des livres, qu’elle vous enrichira elle-même dans ce domaine, et qu’elle vous entendra parler également – presque également… – de Thomas d’Aquin et de Marguerite Yourcenar, d’Olivier Clément et d’Arthur Rimbaud, d’André Chouraqui et de John Henry Newman, d’Éphrem le Syrien et de Marie de la Trinité…
Autant de personnes connues ou mal connues, de profils différents les uns des autres, dont vous avez su nous faire sentir qu’ils sont tous amoureusement compris entre les bras de Celui que nous adorons, entre l’Alpha et l’Oméga.
Mille mercis, cher Gilles-Hervé ! »
