Le Temps ordinaire, l’éditorial de la semaine.

La fête de la Pentecôte ayant clos le cycle des célébrations de la Pâque, nous voici revenu dans le Temps ordinaire de la liturgie, et même si l’on n’insiste pas sur le sens péjoratif du mot ordinaire, même si la couleur verte des ornements évoque la nature bucolique et le beau temps, un temps ordinaire ce n’est pas très stimulant. On n’est pas loin de la routine et donc de l’ennui et de l’envie d’aller voir ailleurs. Le Missel, qui s’exprime en latin, donne à ce temps liturgique le nom plus ouvert de Tempus per annum, que l’on peut traduire par Le temps qui court au fil de l’année. Mais c’est encore un peu passif ce temps qui passe et nous emporte. Certain pays préfèrent le nommer Temps de l’Église mais d’avoir à porter l’Église c’est un peu lourd, est-ce que cela nous remet en marche? La dernière exhortation du Pape François peut nous sauver. Rien que son titre nous réveille ! Soyez dans la Joie et l’Allégresse ! Et il l’explique par une citation de Léon Bloy : « dans la vie il n’y a qu’une tristesse, c’est de ne pas être des saints ». Pourquoi ne pas employer ce temps qui nous est donné, à devenir des saints ? « Nous sommes tous appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes » ; « Dans cette constance à aller de l’avant chaque jour je vois la sainteté de l’Eglise militante » ; « Laisse la grâce de ton baptême porter du fruit dans un cheminement de sainteté ». Et le Pape de nous donner des pistes pour viser la sainteté dans le monde actuel : endurance, patience et douceur, joie et sens de l’humour, audace et ferveur. Tout un programme, ou mieux un état d’esprit. Il ajoute bien entendu l’amour fraternel et la prière, mais notons qu’il ne mentionne pas tenir de beaux discours, ni brandir des bannières. Alors ce temps Après la Pentecôte pourrait être bien occupé, bien vivant, bien rempli et très riche, ce ne serait plus le temps après mais le temps avant. Comment le nommer ?
Va pour le Temps des saints !

Jacques Mérienne, prêtre du diocèse de Paris à Saint-Eustache