Comme nous l’ont rappelé une nouvelle fois les évènements extrêmes de l’été, célébrer saint Francois aujourd’hui, c’est repenser notre rapport à la création. 800 ans après, saint Francois, auquel nous associons les mots de fraternité, de pauvreté et d’attention à chaque créature, peut nous sembler une figure encore lointaine. Pourtant, par les textes qu’il a publiés depuis un an, Léon XIV en révèle toute l’actualité.

L’exhortation Dilexi Te sur « l’amour des pauvres » signée le 4 octobre 2025 souligne la place particulière des pauvres dans la vie chrétienne, car ils sont un lieu de la Révélation et ont la capacité de nous évangéliser. « Il apparait clairement qu’il est nécessaire que tous nous nous laissions évangéliser par les pauvres et que nous reconnaissions tous la mystérieuse sagesse que Dieu veut leur communiquer » (§102).

L’encyclique Magnifique Humanité applique à la question de l’IA la démarche de Laudato si’. Elle place la Maison commune, et « sœur terre-mère » (Saint Francois) au centre du propos. Le pape conditionne le développement de l’IA au respect d’un « plafond environnemental » et d’un « plancher social » : « les systèmes d’IA actuels nécessitent de grandes quantités d’énergie et d’eau ; ils ont un impact significatif sur les émissions de CO2 et consomment des ressources de manière intensive » (§102). Il se prononce en faveur d’un accès à tous à l’IA, quitte à ce que la réglementation l’impose, et dénonce le fait de « confier dans les faits à un algorithme le pouvoir de sélectionner qui mérite et qui ne mérite pas, sans que personne n’assume le poids de cette décision…. » (§103). « Il faut des cadres juridiques adéquats, une surveillance indépendante… » (§106).

Validé et publié en italien il y a quelques semaines par Léon XIV, le texte de la « Commission Théologique Internationale » donne un ancrage théologique à Laudato si’. Il confirme que la question du soin à apporter à la planète (objet de la conférence de ce dimanche après-midi à Saint-Eustache) n’est pas seulement une question éthique mais aussi un enjeu théologique : « la manière dont on prend soin de la création structure la relation à Dieu lui-même ».

Il aborde la question de la viande, absente de Laudato si’. Il considère 2 principes : la « nécessité de se nourrir » et le « respect de la vie animale » et légitime une consommation de viande soumise à des critères de modération en fonction des responsabilités différenciées des consommateurs. En conclusion, il appelle (Vatican News) à « un virage écologique à l’image de saint Francois d’Assise ».

 

Xavier de Rubercy pour le groupe Église verte