Homélie du 22 novembre par le père James Cunningham

Homélie du 22 novembre par le père James Cunningham

 

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Retrouvez le texte de l’homélie :

Homélie du 22 novembre – 20.11.22_XtRoiA_Ez34,11-12.15-17_Ps22_1Co15,20-26.28_Mt25,31-46
Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l’Univers — Année A
Solennité du Seigneur

Première lecture : « Toi, mon troupeau, voici que je vais juger entre brebis et brebis » (Ez 34, 11-12.15-17)
Ainsi parle le Seigneur Dieu :
Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis,
et je veillerai sur elles.
Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau
quand elles sont dispersées,
ainsi je veillerai sur mes brebis,
et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées
un jour de nuages et de sombres nuées.
C’est moi qui ferai paître mon troupeau,
et c’est moi qui le ferai reposer,
– oracle du Seigneur Dieu.
    La brebis perdue, je la chercherai ;
l’égarée, je la ramènerai.
Celle qui est blessée, je la panserai.
Celle qui est malade, je lui rendrai des forces.
Celle qui est grasse et vigoureuse,
je la garderai, je la ferai paître selon le droit.
Et toi, mon troupeau
– ainsi parle le Seigneur Dieu –,
voici que je vais juger entre brebis et brebis,
entre les béliers et les boucs.
Psaume : (Ps 22 (23), 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6) R/ Le Seigneur est mon berger :
rien ne saurait me manquer.
(cf. Ps 22, 1)
Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.
Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.
Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.
Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.
Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.
 
Deuxième lecture : « Il remettra le pouvoir royal à Dieu le Père, et ainsi, Dieu sera tout en tous » (1 Co 15, 20-26.28)
Frères,
le Christ est ressuscité d’entre les morts,
lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis.
Car, la mort étant venue par un homme,
c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts.
En effet, de même que tous les hommes
meurent en Adam,
de même c’est dans le Christ
que tous recevront la vie,
mais chacun à son rang :
en premier, le Christ,
et ensuite, lors du retour du Christ,
ceux qui lui appartiennent.
Alors, tout sera achevé,
quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu son Père,
après avoir anéanti, parmi les êtres célestes,
toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance.
Car c’est lui qui doit régner
jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis.
Et le dernier ennemi qui sera anéanti,
c’est la mort.
Et, quand tout sera mis sous le pouvoir du Fils,
lui-même se mettra alors sous le pouvoir du Père
qui lui aura tout soumis,
et ainsi, Dieu sera tout en tous.

 

 

 

Évangile : « Il siégera sur son trône de gloire et séparera les hommes les uns des autres » (Mt 25, 31-46)
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des boucs :
il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
‘Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume
préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !’
Alors les justes lui répondront :
‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu…?
tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison…
Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?’
    Et le Roi leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.’
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’
Alors ils répondront, eux aussi :
‘Seigneur, quand t’avons-nous vu
avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service ?’
Il leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits,
c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle. »

 

 

20.11.22_XtRoiA_Ez34,11-12.15-17_Ps22_1Co15,20-26.28_Mt25,31-46

Au début de son ministère décrit en Luc, Jésus, dans ce que l’on appelle son discours ou prédication inaugurale à Nazareth, que l’on entend la première semaine après l’Epiphanie, entre le jour du sabbat dans la synagogue, se lève et lit dans le livre d’Isaïe « le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. »  Parole à laquelle il ajoute avec ses propres mots, « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »

En ce dernier dimanche de l’année liturgique, dimanche du Christ Roi, l’évangile en Matthieu, dit du jugement dernier, résonne avec ces mots qui au début de l’année liturgique annonçaient l’advenu du Royaume. Alors, à l’orée d’une nouvelle année liturgique, peut-être plus encore qu’au 31 décembre, est-ce le moment de faire le bilan de ce que nous avons vécu cette année, voire de réfléchir à ce qui constitue pour nous une vie vécue sous le signe du Royaume.

Mais quelles pourraient être les critères d’un tel bilan ?  La longévité, la postérité, la réussite, la reconnaissance, la fortune ? Rien de tel dans nos deux évangiles.  Au contraire ils insistent sur notre capacité de venir en aide à celles et à ceux qui sont dans le dénuement, la maladie, l’enfermement ou l’oppression, tout ce qui est contraire en général à nos conceptions de la réussite.
Rien là de nouveau d’ailleurs. Combien de fois, pour s’en convaincre, faut-il entendre que les derniers seront les premiers, les plus petits – les plus grands, ou « Celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas »

Bien sûr, si nous sommes gênés par la proximité immédiate de ses personnes, nous pouvons les transformer en causes à défendre, la lutte contre la faim dans le monde, contre les nouvelles formes d’esclavage économique, la lutte pour la réforme des prisons, pour l’accès universel aux soins médicaux, à l’eau potable, pour les droits des migrants …

Et si pour certains tout cela est encore trop politique ou sociale,
nous pouvons toujours nous demander, comme les justes et les maudits de notre évangile, comment le Fils de l’Homme peut-il avoir faim et soif, être nu, malade, en prison ou étranger ?  Et quand le rencontrons-nous dans notre vie quotidienne ?

Dans le film d’Elia Kazan, « Sur les quais », un des films du jeune Marlon Brando, le père Barry, joué par Karl Malden, venu aux côtés d’un docker assassiné par les boss portuaires, dit dans un monologue célèbre, adressé aux victimes comme au bourreaux : « Certains pensent que la crucifixion n’a eu lieu qu’au Calvaire.
Il est temps pour eux d’ouvrir les yeux. Car prendre la vie de quelqu’un pour l’empêcher de témoigner, c’est une crucifixion.  L’empêcher de vider son sac, c’est une crucifixion. L’empêcher de faire son devoir, c’est une crucifixion. Et toute personne qui reste en retrait sans rien faire, qui reste silencieuse est aussi coupable que le soldat romain qui a percé la chair de notre Seigneur pour voir s’il était mort.
Si vous croyez que le Christ n’est pas ici sur les quais alors, pensez à deux fois.
Chaque matin quand le patron vous met en rang, Jésus est à vos côtés. Il voit quand les uns sont embauchés et d’autres recalés. Il voit le père de famille qui demande s’il aura de quoi payer le loyer ou ramener de quoi nourrir ses enfants. Mais rappelez-vous que le Christ est toujours avec vous, dans la queue, dans la calle, dans le local syndical, ici à genoux à côté de votre frère assassiné. Et il dit à vous tous : « Si vous le faites aux plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites. »

Dans notre évangile d’aujourd’hui, quand on vient en aide à un de ces crucifiés,
c’est une bénédiction. Et cette bénédiction nous fait entrer dans le Royaume :
« Venez, les bénis de mon Père, » dit le Fils de l’Homme, « recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. » De même pour nous aujourd’hui, dans nos pays, communautés et foyers, confinés et endeuillés, quand au-delà des craintes et des défis auxquels nous devons faire face, nous venons en aide à celles et à ceux qui sont dans le besoin, dans la peur ou dans la peine, nous sommes au cœur du Royaume.

Quelques heures avant sa mort, s’adressant à des militants contre la ségrégation raciale, le pasteur Martin Luther King leur a dit, de manière prémonitoire, « Eh bien, je ne sais pas ce qui va arriver maintenant. Nous avons devant nous des journées difficiles. Mais peu m’importe ce qui va m’arriver maintenant, car je suis allé jusqu’au sommet de la montagne. Je ne m’inquiète plus. Comme tout le monde, je voudrais vivre longtemps. La longévité a son prix. Mais je ne m’en soucie guère maintenant. Je veux simplement que la volonté de Dieu soit faite. Et il m’a permis d’atteindre le sommet de la montagne. J’ai regardé autour de moi. Et j’ai vu la Terre promise. Il se peut que je n’y pénètre pas avec vous. Mais je veux vous faire savoir, ce soir, que notre peuple atteindra la Terre promise. Ainsi je suis heureux, ce soir. Je ne m’inquiète de rien. Je ne crains aucun homme. Mine eyes have seen the Glory of the coming of the Lord. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur. »

Alors Bonne fin d’année liturgique. Bonne entrée dans ce temps ou Dieu nous prépare à entrer dans son Royaume, dans sa Terre promise.

 



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