Depuis quelque temps le mot « catholique » revient souvent dans l’actualité et les médias. Le summum, ce sont bien sûr les dialogues surréalistes entre Donald Trump et le Pape Léon. Le plus navrant, ce sont sûrement les sorties des oligarques cathos qui oublient l’Évangile fraternel au profit d’une Loi au service d’un ordre et d’un pouvoir personnel, voir le dernier épisode dans le domaine de l’édition. Certes l’Église est déjà passée par là en d’autres siècles et d’autres lieux, et finalement elle a toujours su prendre ses distances. Mais le caractère excitant de ces actualités ne suffit pas à en expliquer l’abondance. Il faut sans doute y voir aussi la perception et la prise en compte par les médias d’une transformation latente de notre société dont la cause reste à éclairer : le nombre de baptêmes demandés à l’Église par des jeunes ne cesse d’augmenter d’année en année. Si cela est loin de compenser la chute du nombre de baptêmes d’enfants, le phénomène est interpellant et ne peut nous laisser indifférents. Les diocèses de la région parisienne ont vite réagi en lançant un Concile des catéchumènes et des néophytes pour provoquer les communautés paroissiales à réagir en accueillant largement ces jeunes et en se mettant à leur l’écoute, quitte à adapter leur accompagnement déjà en marche ou en mettant en place de nouvelles initiatives. Nous ne sommes pas en reste à Saint-Eustache, nous sommes tous concernés, soyons donc accueillants, attentifs et disponibles à soutenir cette nouvelle mission !
D’autant plus qu’elle touche à l’un des piliers de notre Église catholique –je remets ici ce mot « catholique » à sa place–, je veux dire la transmission. Oui, notre sauveur a fondé son Église pour que la foi vivante, qu’il nous donne par l’Esprit, se transmette de génération en génération par un contact et une union de personne à personne, qui portent le nom, souvent perçu comme désuet, de « communion des saints », les saints en question étant les croyants, c’est-à-dire nous-mêmes, nous tous, chacun avec ce qu’il est et selon ses moyens. Jusqu’à présent cette transmission se fait majoritairement au sein des familles, c’est-à-dire en interne par l’éducation, mais voici que s’ouvre –à nouveau à l’échelle de l’histoire– une transmission en externe réclamée par ceux qui viennent frapper à la porte au seuil de leur vie d’adultes : « frappez et l’on vous ouvrira ! » (Mt 7/7). Cela va nous donner une vie d’Église plus spontanée et ouverte sur le monde, une Église plus apostolique à l’image de ses débuts.
Père Jacques Mérienne, vicaire
