« Des arbres proches des hommes, témoins de notre combat pour la paix »

« Des arbres proches des hommes, témoins de notre combat pour la paix »

Les sept troncs d’arbres sculptés et goudronnés que Christian Lapie a dressés à la porte et dans l’église donnent à notre Carême à la fois une note tragique et une touche d’espérance. Il en va souvent ainsi quand on traverse des épreuves, et il n’en manque pas ces temps-ci, le noir domine mais n’éteint pas l’étincelle qui brille dans les failles, il y en a toujours, la réalité n’est jamais monolithique, même si elle est pesante. Laissons-nous d’abord atteindre par le tragique, la guerre en Ukraine qui nous fait affronter notre impuissance : la compassion pour les victimes innocentes et les enjeux géopolitiques qui nous dépassent, nous paralysent, mais nous voulons dépasser notre sidération. Notre paroisse va trouver des moyens concrets, essentiellement associatifs, de participer à une solidarité réelle avec les Ukrainiens, et chacun d’entre nous est appelé à le faire dans son propre réseau de relations, comme un combat pacifique contre la violence extrême et massive à laquelle nous voulons opposer une exigence d’humanité. Il y a en nous la paix reçue de celui qui nous la donne « à sa manière », Jésus, sachons nous battre pour l’établir.

Tout en gardant leur aspect dur et massif, l’artiste a donné à ces poutres calcinées un aspect humain grâce à un détail, une toute petite « tête » grossièrement taillée, et surtout parce qu’il les a mises debout, proches les unes des autres, comme des arbres, comme des hommes au milieu des arbres dans une forêt. Elle peut nous inspirer dans notre réflexion synodale à propos de la vie de notre église. J’imagine bien une Eglise dont les structures soient aussi vivantes et fortes que les arbres d’une forêt accueillante et protectrice, une forêt protégeant la biodiversité et laissant le soleil traverser ses branches pour éclairer et dynamiser les fidèles. Je vois bien une forêt sauvage mais facilement pénétrable, dans laquelle la nature réveille notre propre nature avide de création et de liberté, loin d’un jardin « à la française » où tout est tracé d’avance et chaque chose à sa place immuable. Mais une Eglise que nous ne devons pas laisser s’épuiser et se diviser comme hélas beaucoup de forêts dans le monde, décimées par la course aux profits.

 

Si petite soit-elle l’espérance barre la route à la tragédie.

Père Jacques Mérienne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       Père Gilles Hervé Masson

 

 



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