À la fin du concert du Grand Orgue du dimanche après-midi qui fait le plein presque à chaque fois, vers 17h45 l’église semble se vider. Et pourtant quelques minutes après, vers 18h15, elle est à nouveau pleine pour la célébration de la messe dominicale. Deux assemblées se succèdent, et d’ailleurs se recoupent en partie, qui sont des temps forts de Saint-Eustache, deux motifs de son rayonnement. Une partie de ces assemblées est composée de participants réguliers, mélomanes ou croyants, parfois les deux, une autre partie de ceux que l’on dit dans notre jargon « de passage », touristes avertis ou promeneurs de la Canopée et du parc attirés par cette formidable bâtisse qui va gratter le ciel. On retrouve ces deux domaines au cours de l’année dans divers événements, concerts exceptionnels, Nuit Blanche, ou le Festival 36h Église Saint-Eustache, comme pour des célébrations qui marquent, Semaine Sainte ou liturgie dominicale priante et stimulante grâce à la musique et à la prédication. Certains chrétiens voudraient réserver les églises au sacré, certains agnostiques voudraient en faire des musées. Faux débat qui d’un côté limite le sacré au culte alors qu’il est présent dans la vie de toute personne en recherche de son humanité profonde, notamment à travers l’art, ancien ou contemporain, et de l’autre, dénie cette forme de spiritualité faisant des églises des lieux vivants et habités ouverts à tout le monde sans discrimination, sans imposer d’appartenance strictement communautaire. Chaque dimanche les bénévoles accueillent ces deux assemblées de la même manière, avec autant de prévenance que de respect, ne les différencient pas, ce sont des personnes qu’ils accueillent, chacune dans sa démarche, dans sa recherche, voire dans sa curiosité ou son indolence. C’est une fonction vitale pour Saint-Eustache que cette présence, le premier pas vers le prochain à qui l’on donne du temps et de l’attention, mais qui nous ouvre très simplement sur notre monde. Sans doute attendent-ils que d’autres les rejoignent ? C’est le ministère de l’accueil, un engagement si simple et si riche.

Jacques Mérienne, prêtre du diocèse de Paris.