Des Oratoriens méditent la Bible. Jean-Marie Martin (07.02.2019)

Il appelle à lui les Douze et il se mit à les envoyer en mission deux à deux, en leur donnant pouvoir sur les esprits impurs. Et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route qu’un bâton seulement, ni pain, ni besace, ni menue monnaie pour la ceinture, mais : « Allez chaussés de sandales et ne mettez pas deux tuniques. » Et il leur disait : « Où que vous entriez dans une maison, demeurez-y jusqu’à ce que vous partiez de là. Et si un endroit ne vous accueille pas et qu’on ne vous écoute pas, sortez de là et secouez la poussière qui est sous vos pieds, en témoignage contre eux. » Étant partis, ils prêchèrent qu’on se repentit ; et ils chassaient beaucoup de démons et faisaient des onctions d’huile à de nombreux infirmes et les guérissaient. (Marc 6, 7-13)

Méditation

Il n’est pas bon de partir en mission surchargé comme pour faire l’ascension de l’Annapurna, et bien que nous soyons invités à une marche qui peut être rude, et même ascensionnelle, n’oublions pas ce verset du prophète Isaïe 52, 7 : Comme ils sont beaux sur les montagnes, les pas du messager, celui qui annonce la paix, qui porte la bonne nouvelle, qui annonce le salut, et vient dire à Sion : « Il règne, ton Dieu ! ». Il faut donc prendre les moyens d’être léger, mobile, réactif, même sur les sommets montagneux de l’annonce de la Bonne Nouvelle. Je veux préciser par là : annoncer le Christ sans prendre un char d’assaut ou un rouleau-compresseur, ni un marteau-pilon, sans être chaussés de gros godillots pour piétiner les plates-bandes des convictions acquises par ceux que nous allons rencontrer, – ils ont aussi beaucoup à nous apprendre, nous en serons surpris –, pas de besaces bourrées d’arguments bien fourbis pour convaincre ou suggestionner, voire manipuler, mais au contraire, des sandales légères qui donnent souplesse et légèreté, et que l’on peut retirer facilement pour partir sur la pointe des pieds si jamais nous sommes refoulés ; s’éloigner ainsi par respect des convictions opposées, et de surcroît, secouer la poussière de nos pieds, montrant ainsi à nos opposants que l’on veut préserver leur Liberté, et que c’est une primeur dans le message du Christ. Le Seigneur saura bien rejoindre les uns ou les autres par des voies plus adaptées à ce qu’ils sont, à leurs convictions, à leur cheminement. Après tout, il envoie ses disciples au devant de lui, c’est donc une annonce de son passage.

Jean-Marie Martin, oratorien, vicaire Saint-Eustache