« Vous êtes les saints de France » a dit le pape aux 80 000 jeunes rassemblés au Stade de France le 27 septembre. Et on sentait bien qu’aucune part n’était laissée à la facilité, à la séduction, à la récupération, à la manipulation. En effet, le pape prolongeait ce que tous venaient de voir : le défilé des nombreux saints de France ayant émaillé son histoire. La liste serait trop longue, tandis que le chant (dynamique) peut se retenir facilement et pourrait fort bien convenir en ces jours en France :

Ref : « Vous êtes les saints de France ; marchez dans leur espérance,

Après tant et tant de saints, le Christ vous prend par la main.

Les saints ont changé le cours de l’histoire,

ayant d’abord changé leur propre cœur…

Devant chacun s’ouvre un chemin de gloire,

Il nous accompagne et nous rend meilleurs ».

De l’écho de plusieurs, ces 4 jours en France nous ont « rendus meilleurs ». Ce n’est pas une parenthèse enchantée, à travers la venue du pape, c’était bel et bien le serviteur du Christ (venu) nous prendre par la main. Si nous voulons que change le cours de l’histoire, le chemin nous est connu : d’abord changer (notre) propre cœur. C’est bien cette espérance qui nous fait marcher… comme elle a été la démarche de ceux qui nous ont précédés et dont nous portons vraisemblablement le nom !

Chemin de gloire, pour quelque temps encore mêlé des temps de la déréliction, de l’effort et du renoncement… mais c’est bien cet immense pèlerinage sur terre où se trouve caché le Royaume en marche, telle l’Église où nous vivons… « Ils n’ont pas tous bien commencé », disait le Curé d’Ars… « mais ils ont tous bien fini »… Quel que soit le commencement, ne sommes-nous pas en chemin pour « bien finir »… nous que le pape avait l’audace d’interpeller ce vendredi 27 septembre au Stade de France « vous êtes les saints de France » !

Et si nous avons été interpellés par le contraste entre ces 4 jours de sérénité chrétienne, et les explosions sociales scolaires ou estudiantines qui ont précédé ou suivi, ne nous méprenons pas en regrettant ces jours paisibles comme une parenthèse révolue, et le pape nous montre une fois encore l’attitude du disciple. Il est évident que le pape n’a pas appris à son retour à Rome qu’il était porteur d’un nodule (connu depuis comme cancéreux) au poumon. Il en avait connaissance tandis qu’il nous adressait la parole si sereinement pendant sa venue. Et pourtant, ces informations-là bouleversent fortement et il est difficile de s’en abstraire. Ainsi, nous pouvons porter dans la même paix ces événements violents sans nous laisser perturber… en vivant au fond de Celui qui « nous accompagne » (cf. le chant ci-dessus)… Nous n’allons pas vivre ‘malgré’ les événements… nous allons, comme les saints, vivre (de Dieu) au sein même des événements du quotidien, qu’ils soient faciles ou difficiles, malheureux ou plus heureux ! Bonne route : « Christ vous prend par la main » !

 

Père Rémi Griveaux, vicaire à Saint-Eustache