Les Actes des apôtres (20, 35) rapportent une parole de Jésus qu’on ne lit pas dans les évangiles : « Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir ». Et c’est bien la logique que tout un chacun se doit d’essayer d’imprimer à sa vie pour la conformer à celle du Seigneur.
Au moment où s’achève ma mission à Saint-Eustache, après près d’une vingtaine de présence dont la moitié comme vicaire, j’espère avoir donné un peu. Je suis surtout conscient d’avoir reçu beaucoup ! Je pense à l’accueil que m’ont réservé les pères de l’Oratoire. Je pense à l’accompagnement du P. Gilbert Caffin. Je pense à la collaboration avec le P. George Nicholson puis avec le P. Trocheris et, cette année avec le P. Pierre Vivarès.
Puis-je le dire ? j’ai aimé l’ambition d’hospitalité et d’accueil qui existe ici. Un accueil inconditionnel. À l’heure des replis identitaires et des rabougrissements « religieux » cela a beaucoup de prix. Nous sommes confiés les uns aux autres par le Seigneur : « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres ». Et le commandement porte loin, au-delà même des contours les plus repérables de l’Église. La grande porte en verre de notre église paroissiale nous le rappelle sans cesse : tous ceux et celles « du dehors » nous sont constamment présents. Leur ferions-nous défaut que nous réduirions à néant le témoignage que le Seigneur attend de nous et on ne sait que trop les logiques d’exclusion et de rejet qui s’autorisent de la loi divine pour mieux réduire l’autre et régner sur lui.
Au chapitre 18 de l’évangile de Jean, le Christ dit : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés ». Seul lui peut le dire. Mais chacun et chacune d’entre nous peut aussi demander à Dieu la grâce du même souci de ne perdre personne, de ne pas passer à côté de qui que ce soit, de ne pas faire écran à la grâce du Christ mais d’être le vecteur de « l’amour de Dieu révélé dans le Christ Jésus ».
Je suis profondément heureux d’avoir bénéficié à Saint-Eustache du bienfait de tant de rencontres, si enrichissantes ! De compagnonnages dans la foi, au quotidien, avec des frères et sœurs au service de la communauté et de ses nombreux visiteurs.
Bref, en un mot comme en cent ou en mille, ce que j’ai le plus envie de dire c’est Merci !
De tout cœur : MERCI !
Père Gilles-Hervé Masson, vicaire
