Méditation biblique du père Michel Quesnel, 25 juin 2020

Méditation biblique du père Michel Quesnel, 25 juin 2020

Première lecture du jeudi 25 juin 2020

Joiakîn avait dix-huit ans à son avènement et il régna trois mois à Jérusalem ; sa mère s’appelait Nehushta, fille l’Elnatân, et était de Jérusalem. Il fit ce qui déplaît à YHWH, tout comme avait fait son père.

En ce temps-là, les officiers de Nabuchodonosor, roi de Babylone, marchèrent contre Jérusalem et la ville fut investie. Nabuchodonosor, roi de Babylone, vint lui-même attaquer la ville, pendant que ses officiers l’assiégeaient. Alors Joiakîn, roi de Juda, se rendit au roi de Babylone, lui, sa mère, ses officiers, ses dignitaires et ses eunuques, et le roi de Babylone les fit prisonniers ; c’était en la huitième année de son règne.
Celui-ci emporta tous les trésors du Temple de YHWH et les trésors du palais royal et il brisa tous les objets d’or que Salomon, roi d’Israël, avait fabriqués pour le sanctuaire de YHWH, comme l’avait annoncé YHWH. Il emmena en exil tout Jérusalem, tous les dignitaires et tous les notables, soit dix mille exilés, et tous les forgerons et serruriers : seule fut laissée la plus pauvre population du pays.
Il déporta Joiakîn a Babylone ; de même la mère du roi, les femmes du roi, ses eunuques, les nobles du pays, il les fit partir en exil de Jérusalem à Babylone. Tous les gens de condition au nombre de sept mille, les forgerons et les serruriers, au nombre de mille, tous les hommes en état de porter les armes, furent conduits en exil à Babylone par le roi de Babylone.
Le roi de Babylone établit comme roi à la place de Joiakîn son oncle Mattanya dont il changea le nom en celui de Sédécias.

2e livre des Rois 24, 8-17

Méditation

En quoi sommes-nous concernés par ces événements qui remontent au VIe siècle avant notre ère et qui accumulent des noms propres dont nous ne connaissons aucun, sauf Nabuchodonosor, le seul non-Juif de l’histoire ? Si le rédacteur prend la peine de nous les rapporter, c’est qu’ils ne sont pas insignifiants.

Cela se passe à Jérusalem, en 598 avant notre ère. Depuis Josias qui fut un roi fidèle au Dieu d’Israël (640-609), tous les rois de Jérusalem furent des impies, Joiakîn y compris. L’injustice règne dans le pays, les profiteurs profitent, le défaut d’unité entre les habitants rend le pays fragile. Cela fait le lit de Nabuchodonosor qui n’a qu’à s’y vautrer. Quand un chef d’Etat n’est pas soucieux de l’unité de son pays, il le conduit à la catastrophe. Avons-nous des situations analogues en 2020 ? – Suivez mon regard !

Nabuchodonosor déporte en Babylonie les gens intéressants : la famille royale, les notables, les ouvriers hautement qualifiés. Il n’a que faire des populations pauvres qu’il laisse sur place et qui vont vivre, en Judée, une situation de délaissement pire que les déportés. Il n’a que faire des gens non qualifiés. Avons-nous des situations analogues en 2020 ? – Suivez encore mon regard !

Le roi de Babylone place sur le trône de Jérusalem une marionnette à sa solde, Mattanya ; et, d’autorité, il change son nom. Quand on sait ce que représente le nom dans la mentalité sémitique, c’est le déshonneur suprême. Le vainqueur déshonore les vaincus. Avons-nous des situations analogues en 2020 ? – Suivez toujours mon regard !

Alors, ces vieux textes n’ont-ils rien à nous dire ?

Michel Quesnel, prêtre de l’Oratoire à Lyon



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