Vie artistique

Ceci est un des éléments qui fait la richesse et la diversité de la paroisse. En témoignent les oeuvres d’artistes célèbres qui ont peuplé son édifice au cours des siècles, qu’elles soient de Vouet, Rubens, Pigalle, Baltard, ou plus récemment de Raymond MasonKeith Haring ou John Armleder.

A différentes époques, l’art a souvent contribué à interpeller le visiteur ou le paroissien. Nous devons tenter de découvrir la vision intime, peut-être spirituelle, que souhaite nous communiquer l’artiste qui a choisi d’exposer dans l’église. L’oeuvre artistique sous toutes ses formes peut nourrir notre vie intérieure et accompagner la quête de sens des hommes et des femmes d’aujourd’hui.

C’est pourquoi, au fil des ans, Saint-Eustache accueille différents artistes contemporains et s’associe à de grands moments de la vie artistique de la capitale, comme la Nuit Blanche, occasion rare de proposer à quelque 10 000 visiteurs de la nuit la découverte du patrimoine historique de la paroisse ainsi que des oeuvres originales et fortes.

Vidéo – Miguel CHEVALIER Voxels Light 2015

Vidéo – Miguel CHEVALIER “Voûtes Célestes 2016” Nuit Blanche 2016

Pascal  Haudressy :
Le cœur qui nous anime

Né à Paris en 1968, Pascal Haudressy est un artiste français d’origine Tatar.

Ancien responsable culturel à l’Unesco, Pascal Haudressy a initié, en 1992, le projet des « Drapeaux de la Tolérance » en collaboration avec six grands artistes dont Robert Rauschenberg, Roberto Matta et Seydou Keïta.

Au cours d’un séjour à Samarcande, son pays d’origine, sa vision se trouble et s’approfondit au contact de l’architecture et de ses innombrables ornements. « Tout y est d’une fixité vibrante », dit-il, « les entrelacs y composent et décomposent des motifs fugaces.

Les mosaïques préfigurent nos images pixellisées, les étoffes, les tapis et leurs motifs imbriqués aspirent le regard et  l’animent d’un mouvement kaléidoscopique. Nous sommes alors au cœur d’un univers abstrait, mathématique et spirituel fondé sur le rythme et la répétition ».

Ce qu’on voit n’est pas ce qu’on voit.

« Une géométrie hypnotique ou méditative » : c’est ainsi que Pascal Haudressy caractérise ce qui est à la source d’un de ses premiers travaux présenté ici et qui fait partie d’une série  intitulée Organs. Il s’agit d’un ensemble de vidéo en boucle  où le cœur est représenté isolément à l’aide d’une couleur spécifique – rouge- sur un fond noir. Cette œuvre pourrait rappeler l’imagerie médicale, mais la comparaison s’arrête là. Avec ces « dessins électroniques », il est plus question de processus, de cycle et de rythme que d’exactitude anatomique. Ici la représentation du cœur, organe essentiel à l’activité du corps, s’inscrit dans un système de répétition perpétuelle. Le dessin ne produit pas un modèle fixe mais s’élabore dans le changement comme une géométrie méditative qui mènerait à une représentation figurative mais avec une perception élargie. On oppose souvent visible et invisible, abstrait et figuratif. Les nouveaux outils de création électronique incarnent cette fusion du matériel et de l’immatériel et c’est tout notre rapport au temps et à l’espace qui s’en trouve modifié.

Les contours multiples des choses.

« Les classiques désiraient la bonne silhouette, celle d’une médaille. Mais on sait que depuis la modernité en peinture seront privilégiés les contours multiples des choses. Une pomme de Cézanne ? Un portrait de Giacometti, un nu de Picasso ou de Bonnard, une combine painting de Rauschenberg, expriment des bords tremblés… ». Pascal Haudressy fait rebondir le propos et exploite les capacités expérimentales du nouveau médium pixellisé. Il parle lui-même d’un « dessin déréglé ». Des milliers de pointes jaillissent de la forme, construisant et déconstruisant sans cesse les limites des corps.

L’influence de ce qui appartient à l’immatérialité s’impose.

Paul Türks dans sa biographie de Saint Philippe Néri rapporte ce texte : « Tandis qu’il priait ainsi un jour de l’an 1544 avec grande ardeur, il sentit soudain dans son cœur une telle explosion du grand amour du Saint-Esprit, qui le submergeait, que le cœur se mit à battre si fort dans sa poitrine qu’on pouvait l’entendre du dehors. C’était comme si cet amour voulait tirer jusqu’au ciel ce corps pesant de sa nature ». Le hasard de cette rencontre à quelques siècles de là nous rappelle que la symbolique du cœur dans sa réalité physique et spirituelle joue un rôle important.  La paroisse Saint Eustache n’est-elle pas le cœur des Halles ?  Ici c’est un Saint qui nous est proche qui nous offre ce témoignage fort et qui nous invite, comme le fait l’artiste, à nous tourner vers l’immatériel. FP

 

Contact pour l’art contemporain : Françoise Paviot – artcontemporain@saint-eustache.org

« L’association, créée en 1989 à la demande de l’Archevêque de Paris, a pour objet de favoriser et de soutenir toutes les activités culturelles et artistiques du diocèse de Paris.

Confiante dans la capacité de l’Église à poursuivre le dialogue entamé dès les origines et jamais interrompu avec les artistes vivants, elle reçoit avec respect et admiration l’héritage laissé par les générations précédentes dans les églises, et les églises elles-mêmes, comme des témoins de la vie et de la foi de ses prédécesseurs.

Ces œuvres d’art, dont beaucoup sont exceptionnelles, construisent un langage propre à chaque époque, langage qui trouve sa source dans la Bible et dans la liturgie. Elles sont toujours significatives pour qui sait les lire. Les équipes d’accueil sont disponibles pour aider les visiteurs à entrer dans cette intelligence de l’art qui est aussi intelligence de la foi.

L’accueil dans les églises, au fil des jours ou, plus exceptionnellement, lors de la Fête de la musique, des Journées du Patrimoine ou de la Nuit Blanche ; la rencontre avec les artistes, plasticiens, musiciens, comédiens ou poètes ; l’élaboration de cycles de conférences au Collège des Bernardins pendant l’hiver ; l’organisation de la semaine du Marais chrétien en mars avec une quarantaine de manifestations ; l’animation du Festival chrétien du XVe arrondissement ; et la réalisation d’innombrables concerts de musique religieuse toute l’année sont autant de lieux où vivre ensemble dans le diocèse de Paris les rapports toujours nouveaux et toujours féconds de l’art, de la culture et de la foi. »

Isabelle Renaud-Chamska
Présidente d’Art, Culture et Foi / Paris

Partagez
Tweetez
Partagez
+1
Enregistrer