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08-Jul-2008

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© Raphaël Cottin - 2006

l'histoire de Saint-Eustachele plan de Saint-EustacheSaint-Eustache en images

 

Histoire de l'église

" Il y a bien dans tout cet intérieur une affectation théâtrale, le désir évident de surprendre, et, si ce vaisseau était entièrement recouvert de peintures, si les fenêtres étaient garnies de vitraux légèrement coloriés, l'intérieur de l'église Saint-Eustache aurait toute l'apparence d'un palais de fées, sinon d'une église catholique. " Eugène Viollet-Le-Duc (1814-1879)

L'église de Saint-Eustache fut construite de 1532 à 1640. Unique en son genre, son plan est celui d'une cathédrale gothique, tandis que sa décoration est Renaissance. Avec ses 33,5 m de haut, 100 m de long et 43 m de large, l'église Saint-Eustache est considérée comme l'un des plus beaux monuments religieux de Paris.

Au croisement de routes combien diverses, héritière de traditions et au cœur d'un quartier nouveau, Saint-Eustache a une vocation particulière d'accueil, animée, depuis 1922, par des prêtres de l'Oratoire. Elle fut jusqu'en 1969 l'église des Halles, elle est aujourd'hui l'église du Forum, ensemble urbain complètement renouvelé.

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LA FONDATION

En 1213, un bourgeois de Paris, Jean Alais, chef des joueurs de mystères, prêta au roi Philippe Auguste une importante somme d'argent. Pour le rembourser, le roi l'autorisa à prélever un denier sur chaque panier de poisson que l'on vendait aux Halles, dont les deux premiers bâtiments avaient été bâtis par lui en 1181, pour abriter les drapiers et les tisserands. La recette devint telle que Jean Alais, selon l'usage de l'époque, fonda une chapelle en remerciement de sa bonne fortune, dédiée à sainte Agnès, une jeune vierge de Palerme martyrisée à Rome au 4e siècle, à l'emplacement du chœur de l'actuel bâtiment. C'est la première mention connue d'une église à cet emplacement.

En 1223, la chapelle acquit le statut d'église, puis devint église paroissiale en 1303, dédiée à saint Eustache, dont la basilique de Saint-Denis lui avait offert une relique.

L'église Saint-Eustache fut depuis lors l'église des Halles. Le commerce se tenait primitivement autour du Châtelet, mais vers 1135, l'espace manquant, cette activité est déplacée sur la rive droite de la Seine, près de la fontaine des Innocents, au lieu dit des Champeaux. En 1265, Louis IX (saint Louis) ajouta deux bâtiments à ceux de son grand-père, pour la vente du poisson, frais ou salé, qui était livré par les rues adjacentes des Poissonniers, des Petits-Carreaux ou encore Montorgueil. Ce carrefour était au Moyen Age le plus animé du marché, centre de la vie sociale.

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LES HALLES

ancienne façadeEntre 1434 et 1495, l'église fut agrandie, grâce aux marchands du quartier, et devint à cette époque l'une des plus grandes et riches paroisses de Paris.

Mais il fallait encore agrandir l'édifice, et le 9 août 1532, Jean de la Barre, prévôt de Paris, posa la première pierre de l'édifice actuel.

En 1665, Colbert, premier marguillier de la paroisse fit construire deux nouvelles chapelles sous la façade, décorées par Mignard et de Lafosse. Ces travaux fragilisèrent la façade, d'ailleurs inachevée, qui fut abattue. Colbert fit une donation pour la rénover, mais le clergé de cette époque mit de nombreuses années à réaliser les travaux, ayant préféré placer cette somme plutôt que de la dépenser. Les travaux démarrèrent en 1754, inaugurés par le duc de Chartres, futur Philippe-Egalité.

Continuée par Moreau-Desproux, la nouvelle façade demeura également inachevée, et perdure aujourd'hui, malgré des projets d'architectes célèbres comme du Cerceau, Levau et Baltard, et une intervention sur la tour sud en 1971.

les halles - 19e scPendant la Révolution, l'église fut fermée (1793-1795) et transformée en Temple de l'Agriculture. En 1795, elle fut concédée en partie aux théophilanthropes. La chapelle de la Vierge fut restaurée en 1804 car elle menaçait ruine. Elle fut achevée pour la visite du pape Pie VII, à Paris à l'occasion du sacre de Napoléon. Cette chapelle comporte un important cycle de peinture du peintre Couture.

En 1844, l'orgue fut incendié, ainsi que la chaire et les trois premières travées de la nef. La restauration dirigée par Baltard permit de redécouvrir les peintures murales du 17e siècle, qui avaient été cachées par un badigeon blanc au 18e siècle.

La Commune de 1871 occasionna d'importants dégâts au campanile, appelé Pointe Saint-Eustache, ainsi qu'à la chapelle de la Vierge. Il fallut également consolider les combles et les contreforts. C'est la dernière reconstruction d'ampleur que l'église ait subi.

le départ des fruits et légumes - Mason

 

En 1969, les Halles de Baltard furent détruites, mais l'église demeura Saint-Eustache-des-Halles pour les gens du quartier, tandis qu'elle devint rapidement l'église du Forum pour les nouveaux habitants.

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ARCHITECTURE

Saint-Eustache constitue sans aucun doute l'une des églises parisiennes les plus importantes et cela est dû en grande partie à ses dimensions : 105 m de long sur 43,5 m de large et une hauteur sous voûte de 33,46 m. Ce sont là des proportions grandioses, dignes d'une cathédrale.

Sa remarquable harmonie, alliant à une structure gothique une ornementation Renaissance, est cependant moins flagrante vue sous l'angle de la façade occidentale, reconstruite au 18ème siècle et jamais achevée, cette façade rappelant celle de Saint-Sulpice. La façade sud en revanche permet d'apprécier la beauté de l'édifice grâce à la perspective largement ouverte par les jardins des Halles. Le chevet apparaît alors avec le gracieux campanile qui surmonte la Chapelle de la Vierge.

A chaque niveau, chapelles, bas-côtés et nef correspondent des fenêtres. D'innombrables gargouilles font saillie depuis les contreforts et l'on remarquera la puissance des arcs-boutants, à la fois appuis de la nef et du transept. Ce transept qui fait face à la rue des Prouvaires est orné d'un beau portail Renaissance et flanqué de tourelles. Au sommet du pignon, un cerf crucifère rappelle la conversion de Saint-Eustache. Enfin, dominant l'église et le quartier, se trouve le Plomb, culminant à 58 m.

L'église, suivant le plan de Notre-Dame-de-Paris, se compose d'une nef de 5 travées, flanquée de bas-côtés doubles, d'un large transept sans saillie, d'un choeur entouré d'un double déambulatoire et de 24 chapelles, les chapelles du bas-côté sud ayant une profondeur croissante et ce pour respecter le tracé de l'ancienne rue Trainée, aujourd'hui place René Cassin.

La nef : sa voûte est à ogives, liernes et tiercerons. Une petite galerie, le triforium, court tout autour de l'édifice, au dessus des grandes arcades.

Les fenêtres hautes dont les verrières sont ornées de délicates bordures de fleurs et de fruits (1637) forment avec leurs meneaux des cœurs et des fleurs de lys.

Le chœur est remarquable par ses vitraux signés Soulignac (1631) représentant les Apôtres et les Docteurs de l'Eglise, avec au centre sainte Agnès et le Christ ressuscité.

On peut également admirer l'impressionnante clef de voûte et l'élancement des piliers qui contribuent à cette sensation d'élévation, ainsi que le maître-autel, œuvre de Baltard.

Dans la nef, se trouvent la chaire dessinée par Baltard, et en vis-à-vis, le banc d'œuvre de Cartaud représentant le Triomphe de sainte Agnès sculpté par Lepautre.

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SAINT-EUSTACHE : UN DES HAUTS-LIEUX MUSICAUX DE PARIS

Sa haute voûte est réputée pour ses qualités acoustiques et, dans cette superbe nef, les grandes orgues emplissent de leurs notes puissantes et riches l'espace dans lequel tous viennent s'imprégner de musique.

La richesse sonore de cet orgue est exceptionnelle : avec ses 8000 tuyaux et ses 5 claviers de 61 notes chacun, il offre une infinie possibilité de jeux harmoniques, particulièrement développés dans leur conception technique par l'organiste titulaire, Jean Guillou.
Il présente la richesse d'une double transmission et de deux consoles, transmission mécanique pour la console de tribune, électrique pour la console mobile dans la nef qui permet à l'organiste de jouer tout près du public et de dialoguer avec un orchestre ou une voix, sous les yeux des spectateurs.

De 1559 à nos jours, bien des instruments se sont succédé, détruits, incendiés, restaurés, remaniés. L'orgue tel qu'il se présente à nos yeux fut construit par Ducroquet en 1854. Les dimensions du buffet atteignent 18 mètres de haut sur 10,50 mètres de large. C'est Victor Baltard, architecte de la Ville, qui fut chargé de la réalisation du buffet, ainsi que de rétablir l'ornementation intérieure de l'église : chaire, maître-autel. La présentation qu'en fit Baltard au conseil de Fabrique laisse entrevoir toute la symbolique qui a présidé à la disposition des différents groupes de sculptures.
Alliant chimères, griffons, harpies, oiseaux noctures, lézards, dauphins, sirènes, tous les motifs réalisés dans la partie constituant le soubassement rappellent " les oeuvres de la nature combinées par l'imagination des hommes et caractérisent les compositions poétiques et musicales dans leurs élans imprévus et souvent inspirés ".

Mais la décoration de la partie supérieure : le couronnement, appartient à l'ordre des idées religieuses : anges, chérubins, et les trois statues massives de Sainte Cécile encadrée par Saül furieux, brandissant un javelot, et David cherchant à calmer par les accords de sa cithare l'agitation de Saül. Ce buffet fut réalisé en chêne de Hollande encaustiqué.
L'inauguration eut lieu le 26 mai 1854, en présence d'une foule immense, avec entre autres, le concours de César Franck. Par la suite eurent lieu de nombreuses restaurations, modifications (Merklin en 1879, Victor Gonzalès en 1932, Georges Danion-Gonzalès en 1967). Devenu muet pendant 10 ans, il fut intégralement reconstruit grâce à la Ville de Paris, propriétaire, par les facteurs Jan et Peter Van den Heuvel de Dordrech (Hollande) et inauguré en septembre 1989. Cette reconstruction fut rendue possible par la ténacité de Jean Guillou, arrivé comme titulaire en 1963, relayé dans cette entreprise par la création d'une association qui prit rapidement le sigle d' A.R.G.O.S. (Association pour le Rayonnement des Grandes Orgues de Saint-Eustache )

Vous trouverez des informations complémentaires sur le site suivant : http://perso.wanadoo.fr/argos.orgues/

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LE PLAN

plan interieur

Vous pouvez aussi télécharger ce plan au format pdf ICI