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" Il y a bien dans tout cet intérieur une affectation théâtrale, le désir évident de surprendre, et, si ce vaisseau était entièrement recouvert de peintures, si les fenêtres étaient garnies de vitraux légèrement coloriés, l'intérieur de l'église Saint-Eustache aurait toute l'apparence d'un palais de fées, sinon d'une église catholique. " Eugène Viollet-Le-Duc (1814-1879) L'église de Saint-Eustache fut construite de 1532 à 1640. Unique en son genre, son plan est celui d'une cathédrale gothique, tandis que sa décoration est Renaissance. Avec ses 33,5 m de haut, 100 m de long et 43 m de large, l'église Saint-Eustache est considérée comme l'un des plus beaux monuments religieux de Paris. Au croisement de routes combien diverses, héritière de traditions et au cœur d'un quartier nouveau, Saint-Eustache a une vocation particulière d'accueil, animée, depuis 1922, par des prêtres de l'Oratoire. Elle fut jusqu'en 1969 l'église des Halles, elle est aujourd'hui l'église du Forum, ensemble urbain complètement renouvelé.
En 1223, la chapelle acquit le statut d'église, puis devint église paroissiale en 1303, dédiée à saint Eustache, dont la basilique de Saint-Denis lui avait offert une relique. L'église Saint-Eustache fut depuis lors l'église des Halles. Le commerce se tenait primitivement autour du Châtelet, mais vers 1135, l'espace manquant, cette activité est déplacée sur la rive droite de la Seine, près de la fontaine des Innocents, au lieu dit des Champeaux. En 1265, Louis IX (saint Louis) ajouta deux bâtiments à ceux de son grand-père, pour la vente du poisson, frais ou salé, qui était livré par les rues adjacentes des Poissonniers, des Petits-Carreaux ou encore Montorgueil. Ce carrefour était au Moyen Age le plus animé du marché, centre de la vie sociale.
Mais il fallait encore agrandir l'édifice, et le 9 août 1532, Jean de la Barre, prévôt de Paris, posa la première pierre de l'édifice actuel. En 1665, Colbert, premier marguillier de la paroisse fit construire deux nouvelles chapelles sous la façade, décorées par Mignard et de Lafosse. Ces travaux fragilisèrent la façade, d'ailleurs inachevée, qui fut abattue. Colbert fit une donation pour la rénover, mais le clergé de cette époque mit de nombreuses années à réaliser les travaux, ayant préféré placer cette somme plutôt que de la dépenser. Les travaux démarrèrent en 1754, inaugurés par le duc de Chartres, futur Philippe-Egalité. Continuée par Moreau-Desproux, la nouvelle façade demeura également inachevée, et perdure aujourd'hui, malgré des projets d'architectes célèbres comme du Cerceau, Levau et Baltard, et une intervention sur la tour sud en 1971.
En 1844, l'orgue fut incendié, ainsi que la chaire et les trois premières travées de la nef. La restauration dirigée par Baltard permit de redécouvrir les peintures murales du 17e siècle, qui avaient été cachées par un badigeon blanc au 18e siècle. La Commune de 1871 occasionna d'importants dégâts au campanile, appelé Pointe Saint-Eustache, ainsi qu'à la chapelle de la Vierge. Il fallut également consolider les combles et les contreforts. C'est la dernière reconstruction d'ampleur que l'église ait subi.
En 1969, les Halles de Baltard furent détruites, mais l'église demeura Saint-Eustache-des-Halles pour les gens du quartier, tandis qu'elle devint rapidement l'église du Forum pour les nouveaux habitants.
Sa remarquable harmonie, alliant à une structure gothique une ornementation Renaissance, est cependant moins flagrante vue sous l'angle de la façade occidentale, reconstruite au 18ème siècle et jamais achevée, cette façade rappelant celle de Saint-Sulpice. La façade sud en revanche permet d'apprécier la beauté de l'édifice grâce à la perspective largement ouverte par les jardins des Halles. Le chevet apparaît alors avec le gracieux campanile qui surmonte la Chapelle de la Vierge.
L'église, suivant le plan de Notre-Dame-de-Paris, se compose d'une nef de 5 travées, flanquée de bas-côtés doubles, d'un large transept sans saillie, d'un choeur entouré d'un double déambulatoire et de 24 chapelles, les chapelles du bas-côté sud ayant une profondeur croissante et ce pour respecter le tracé de l'ancienne rue Trainée, aujourd'hui place René Cassin.
Les fenêtres hautes dont les verrières sont ornées de délicates bordures de fleurs et de fruits (1637) forment avec leurs meneaux des cœurs et des fleurs de lys. Le chœur est remarquable par ses vitraux signés Soulignac (1631) représentant les Apôtres et les Docteurs de l'Eglise, avec au centre sainte Agnès et le Christ ressuscité.
Dans la nef, se trouvent la chaire dessinée par Baltard, et en vis-à-vis, le banc d'œuvre de Cartaud représentant le Triomphe de sainte Agnès sculpté par Lepautre. SAINT-EUSTACHE : UN DES HAUTS-LIEUX MUSICAUX DE PARIS
La richesse sonore de cet orgue est exceptionnelle : avec ses 8000 tuyaux et ses 5 claviers de 61 notes chacun, il offre une infinie possibilité de jeux harmoniques, particulièrement développés dans leur conception technique par l'organiste titulaire, Jean Guillou.
Mais la décoration de la partie supérieure : le couronnement, appartient à l'ordre des idées religieuses : anges, chérubins, et les trois statues massives de Sainte Cécile encadrée par Saül furieux, brandissant un javelot, et David cherchant à calmer par les accords de sa cithare l'agitation de Saül. Ce buffet fut réalisé en chêne de Hollande encaustiqué. Vous trouverez des informations complémentaires sur le site suivant : http://perso.wanadoo.fr/argos.orgues/ Vous pouvez aussi télécharger ce plan au format pdf ICI
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