Des oratoriens méditent la Bible. Yves Trocheris (25.11.2018)

Lecture de l’Apocalypse de saint Jean

À vous, la grâce et la paix,
de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle,
le premier-né des morts,
le prince des rois de la terre.

À lui qui nous aime,
qui nous a délivrés de nos péchés par son sang,
qui a fait de nous un royaume
et des prêtres pour son Dieu et Père,
à lui, la gloire et la souveraineté
pour les siècles des siècles. Amen.
Voici qu’il vient avec les nuées,
tout œil le verra,
ils le verront, ceux qui l’ont transpercé ;
et sur lui se lamenteront toutes les tribus de la terre.
Oui ! Amen !

Moi, je suis l’Alpha et l’Oméga,
dit le Seigneur Dieu,
Celui qui est, qui était et qui vient,
le Souverain de l’univers.

(Ap 1, 5-8)

 

Méditation

La première (livre du prophète Daniel) et la deuxième lecture (livre de l’Apocalypse) de ce dimanche du Christ Roi appartiennent à la même tradition biblique, celle précisément qui vise à exprimer la seigneurie de Dieu sur tout ce qui a été, qui est, et qui vient. Tout ce qui est appelé à être vient de Dieu et retourne à Dieu. Le Livre de l’Apocalypse selon Saint Jean fut vraisemblablement rédigé à la fin du règne de l’empereur Domitien, vers 81-96 après Jésus-Christ. Celui qui au moment de son baptême dans les eaux du Jourdain fut, du haut du ciel, reconnu par le Père lui-même comme son Fils est désormais proclamé « prince des rois de la terre ». Avec la mort et la résurrection du Christ, la fin des temps a commencé. Mais la fin de ces temps est une fin d’accomplissement et de plénitude. Elle serait un peu comme le terme d’une grossesse, terme qui tout au contraire d’une fin de toute chose aboutit à une naissance. Cette naissance donnera lieu à une vie qui trouvera son sens dans la figure d’accomplissement que le Christ est lui-même. Le Christ sera alors à la fois l’alpha et l’oméga, la récapitulation accomplie de tout ce qui fut avant cette fin, la reprise de ce que chaque être humain de l’histoire fut authentiquement en terme de vérité, de beauté, et de justice. Il incombe alors à chacun de réduire ce qui n’est pas à la mesure de la réalité ultime de l’histoire humaine.

Yves Trocheris, prêtre de l’Oratoire.